Solo

Improvisations (2012)


Improvisations

C’est une tendance commune d’associer l’improvisation et le jazz, et vice versa, bien que l’improvisation soit partie intégrante de l’histoire de la musique classique. J.S. Bach, Georg Friedrich Händel, W.A. Mozart, L.V. Beethoven ont tous excellé dans ce domaine. Sur le plan musical, l’improvisation semble être la conjugaison des compétences harmoniques et rythmiques, de la maîtrise technique de l’instrument, de la qualité sonore et du sens de la forme et de la structure. À cet égard, l’improvisation est l’un des degrés les plus avancés à atteindre dans la musique, bien qu’elle soit faussement considérée comme aléatoire et non le produit de l’étude, de l’intellect et de la formation.

D’autre part, c’est aussi un défi sur le plan individuel qui doit être apprécié pour la raison suivante : l’improvisation musicale est l’art de se parler. En effet, cette capacité à créer un dialogue intérieur est une confrontation avec soi-même qui a lieu dans la spontanéité. Cette dernière a une grande valeur dans le sens où nous pouvons révéler notre vraie nature et notre créativité lors de ce moment privilégié, et lorsqu’il s’agit d’un musicien cela se passe dans la spontanéité d’une improvisation.

Jean Kapsa réussit définitivement à s’y confronter avec ses impromptus d’une minute enregistrés et publiés sur cent jours dans l’album “Improvisations” commencé le 24 août 2012. Les auditeurs sont devenus les témoins de sa détermination, son engagement remarquable, ses hauts et ses bas, sa réflexion sur le moment présent, et ils ont suivi chronologiquement son histoire à travers son propre discours musical. Il fait consciemment le choix de ne pas nommer les morceaux pour se libérer de la subjectivité des auditeurs. Son dialogue non-verbal conduit ses improvisations à ré-exister et se recréer chaque fois, là où sa subjectivité rencontre celle des auditeurs. Les improvisations de Jean Kapsa ont une “aura”, qui selon les termes de Walter Benjamin représente l’apparition d’une force magique ou surnaturelle découlant de leur présence “ici et maintenant”, de leur “authenticité” et de leur “unicité”. Cette aura apporte une expérience sensorielle entre les auditeurs et ses morceaux.

Éveillez vos sens, perdez-vous dans un lyrisme intense, profond et renouvelé en les écoutant!

Eda Öztürk, le 4 juillet 2013.

Kapsa Reininger Fleau

Jean Kapsa : piano
Antoine Reininger : contrebasse
Maxime Fleau : batterie

Greenland Road (2009)


Parhélie (2011)


La Ligne de Kármán (2015)


Leur musique, gracieuse comme un lointain envol, se déroule à la manière d’une large fresque tendue dans les airs d’un hémisphère à l’autre.

Tels sont les mots qu’inspire aux Inrocks l’éblouissant second album de ce jeune trio, « La ligne de Kármán », où rythmiques palpitantes et harmonies impressionnistes soutiennent des mélodies émouvantes. Rien n’est jamais trop complexe pour ces trois musiciens virtuoses, qui aiment à brouiller les lignes entre improvisation et composition, servis par un sens inouï de l’orchestration et de la nuance ; et pourtant chaque note jouée est essentielle et participe à l’histoire que chacun des douze morceaux (souvent issus d’une improvisation individuelle ou collective, puis patiemment ouvragés lors de longues sessions de travail dans leur repaire en Picardie) porte en germe. Mais c’est sur scène qu’ils s’épanouissent véritablement, et que leur sens du groove prend toute son ampleur. Par leur désarmante sincérité, leur écoute complice et leur engagement passionné, ils conquièrent tous les publics.


Festen

Damien Fleau : saxophones
Jean Kapsa : piano
Maxime Fleau : batterie
Oliver Degabriele : basse

Festen (2010)


Family Tree (2013)


Mad System (2015)


Festen est un quartet fondé en 2007. Puisant dans l’univers complexe et inquiétant du cinéma de Vinterberg, le groupe s’est inspiré de cette sobriété formelle, de ce style vif et brutal propre au cinéma danois des années 90. Festen tente de s’affranchir des structures et des normes au nom d’un discours brut, réaliste, presque nerveux. Du Jazz donc, mais qui aurait succombé aux âpres séductions du rock’n’roll, qui aurait assumé son adolescence pour la resservir dans des compositions toutes aussi originales qu’énergiques. Et c’est bien là le maître mot : l’Énergie. On remarquera que leurs oreilles ont du traîner du côté du rock des années 90, notamment Sonic Youth, Soundgarden, Birthday Party… Les morceaux sont courts (certains ne dépassent pas les 4min) et les mélodies semblent avoir le même impact que si elles étaient chantées. Sur scène le groupe s’emploie à poser le groove, une manière de capter le public et de l’embarquer tout de go. Le discours ne se perd jamais en bavardage. Le son, l’harmonie, le rythme ne sont plus imposés par un soliste, mais emportés dans la dynamique d’ensemble. Le travail de composition est toujours collectif, et il semblerait que le quartet fonctionne comme si chaque musicien était au service d’une seule et même entité.